Ressources

Les 24 runes du Futhark ancien

Le signe, le nom et le son de chaque rune, avec la manière dont je la lis : un premier repère pour les reconnaître.

Descendre vers le texte

Le Futhark ancien, le plus ancien alphabet runique connu, compte vingt-quatre runes, réparties en trois groupes de huit : les ættir. Chacune note un son, porte un nom et rassemble des images, des idées, un mouvement.

Pour chaque rune, je donne ici le sens de son nom, tel qu’on le reconstruit aujourd’hui, puis la manière dont je la lis. C’est un premier repère, pas une définition : une rune ne se réduit pas à un mot, et son sens dépend aussi de la question posée et des runes qui l’entourent.

Leur histoire est racontée sur la page Les runes.

Les noms anciens des runes ne sont pas attestés directement : ce sont des reconstructions linguistiques, établies à partir de langues apparentées et de sources plus tardives. Quand l’une d’elles reste incertaine, la fiche le précise.

Premier ætt de Fehu à Wunjo

Le Futhark tire son nom de ses six premières runes : f, u, þ, a, r, k.

  1. Fehu

    son f

    Origine du nom
    « Bétail », et par extension la richesse.
    Ma lecture
    La valeur, les ressources et ce qui demande à circuler.
  2. Uruz

    son u

    Origine du nom
    Probablement l’« aurochs », le bœuf sauvage ; la forme exacte du nom reste incertaine.
    Ma lecture
    La force vitale, l’endurance et la puissance disponible.
  3. Thurisaz

    son þ (th)

    Origine du nom
    Sans doute « géant ». Le poème anglo-saxon la nomme þorn, « épine ».
    Ma lecture
    Le seuil, la résistance et la force qui protège ou tranche.
  4. Ansuz

    son a

    Origine du nom
    « Dieu », l’un des Ases.
    Ma lecture
    La parole, le message et ce qui cherche à être transmis.
  5. Raidho

    son r

    Origine du nom
    « Chevauchée », « voyage ».
    Ma lecture
    Le mouvement, le chemin et le rythme juste pour avancer.
  6. Kenaz

    son k

    Origine du nom
    Origine incertaine. Les poèmes plus tardifs la nomment kaun, « ulcère », en Scandinavie, et cēn, « torche », en anglo-saxon.
    Ma lecture
    La torche : ce qu’elle éclaire devient enfin compréhensible.
  7. Gebo

    son g

    Origine du nom
    « Don ».
    Ma lecture
    L’échange, le don et l’équilibre entre recevoir et donner.
  8. Wunjo

    son w

    Origine du nom
    « Joie ».
    Ma lecture
    La joie, l’accord et le sentiment d’être à sa juste place.

Retour aux 24 runes

Deuxième ætt de Hagalaz à Sowilo

  1. Hagalaz

    son h

    Origine du nom
    « Grêle ».
    Ma lecture
    La rupture d’un équilibre ancien et la transformation qu’elle impose.
  2. Nauthiz

    son n

    Origine du nom
    « Besoin », « nécessité ».
    Ma lecture
    Le besoin, la contrainte et ce qu’il devient nécessaire de regarder.
  3. Isa

    son i

    Origine du nom
    « Glace ».
    Ma lecture
    L’arrêt, le gel et le temps où rien ne gagne à être forcé.
  4. Jera

    son j (y de « yeux »)

    Origine du nom
    « Année », au sens de la bonne récolte.
    Ma lecture
    Le cycle, la maturation et ce qui porte ses fruits en son temps.
  5. Eihwaz

    son ï (valeur discutée)

    Origine du nom
    « If » ; la forme exacte du nom reste incertaine.
    Ma lecture
    L’axe et l’endurance : les transformations profondes se traversent.
  6. Perthro

    son p

    Origine du nom
    Sens inconnu. Seul le poème anglo-saxon la nomme, peorð, et l’associe au jeu et aux rires de convives attablés.
    Ma lecture
    L’inconnu, ce qui reste caché et la part qu’on ne maîtrise pas.
  7. Algiz

    son z

    Origine du nom
    Forme et sens discutés : peut-être « élan », l’animal.
    Ma lecture
    La protection, la vigilance et la nécessité de poser une limite.
  8. Sowilo

    son s

    Origine du nom
    « Soleil ».
    Ma lecture
    La lumière, la vitalité et la clarté qui redonnent une direction.

Retour aux 24 runes

Troisième ætt de Tiwaz à Othala

  1. Tiwaz

    son t

    Origine du nom
    Le dieu Týr.
    Ma lecture
    L’intégrité, le courage et l’action menée avec droiture.
  2. Berkana

    son b

    Origine du nom
    « Bouleau ».
    Ma lecture
    La croissance, la naissance et ce qui demande à être nourri.
  3. Ehwaz

    son e

    Origine du nom
    « Cheval ».
    Ma lecture
    Le mouvement partagé : avancer à deux forces, dans la confiance.
  4. Mannaz

    son m

    Origine du nom
    « Homme », l’être humain.
    Ma lecture
    L’humain, la relation à soi et la place prise parmi les autres.
  5. Laguz

    son l

    Origine du nom
    « Eau », « lac » ; la forme exacte du nom reste incertaine.
    Ma lecture
    Le ressenti, l’intuition et la capacité à suivre un mouvement vivant.
  6. Ingwaz

    son ŋ (ng)

    Origine du nom
    Le dieu Ing.
    Ma lecture
    La gestation : ce qui mûrit en silence avant d’émerger.
  7. Dagaz

    son d

    Origine du nom
    « Jour ».
    Ma lecture
    Le basculement : la lumière change, la compréhension aussi.
  8. Othala

    son o

    Origine du nom
    « Bien hérité », le domaine de famille.
    Ma lecture
    Les racines, l’héritage et ce qui se transmet ou se reçoit.

Retour aux 24 runes

Repère historique

Un alphabet vieux de plus de 1 500 ans

La bractéate de Vadstena : un médaillon d’or à bélière, orné d’une tête humaine au-dessus d’un animal et entouré d’une inscription runique.

Les vingt-quatre runes parcourues sur cette page appartiennent au Futhark ancien. Plusieurs objets archéologiques en conservent aujourd’hui la trace.

La bractéate de Vadstena, un médaillon d’or découvert en 1774 près de Vadstena, en Suède, et daté entre 400 et 550, en offre l’un des témoignages les plus remarquables : son inscription reprend la suite des runes du Futhark ancien, séparées en trois groupes de huit. L’original, volé en 1938, n’a jamais été retrouvé.

Ces objets replacent les runes dans leur histoire : bien avant les interprétations symboliques qui leur ont été associées par la suite, elles ont d’abord servi à écrire, dans plusieurs sociétés de langue germanique.

Les noms des runes, eux, n’apparaissent sur aucun de ces objets. On les reconstruit à partir de sources plus tardives : les poèmes runiques anglo-saxon, norvégien et islandais, et les noms des lettres gotiques.

Bractéate de Vadstena, Suède, 400–550 — copie conservée par le Historiska museet, Stockholm. Photo : Ulf Bruxe / SHM, CC BY 4.0.

Pour aller plus loin

Connaître le sens d’une rune est une chose. Apprendre à la lire en est une autre.

Découvrir les runes est une première étape. Leur lecture prend réellement sens lorsqu’on apprend à les mettre en relation et à les interroger dans un contexte précis.

Revenir à la page Les runes

  • La couverture du Petit Guide des Runes

    Le Petit Guide des Runes

    Chaque rune, sa symbolique et ses principales nuances, puis des tirages simples pour commencer à pratiquer.

    Voir le livre

  • Les ateliers

    Apprendre à lire et à tirer les runes en petit groupe, en présence, de l’initiation au perfectionnement.

    Découvrir les ateliers